Tiken Jah Fakoly - Is it because iI'm black?

Publié le par Noxdeguerne

Avec son nouvel album Racines, qui suit de peu Dernier appel paru en juin 2014, l’Ivoirien Tiken Jah Fakoly rend hommage aux artistes reggae qui l’ont marqué. Il reprend quelques-uns des titres phares du répertoire jamaïcain, à l’exception notable – et inimaginable il y a encore peu – de Brigadier Sabari, emprunté à son compatriote Alpha Bondy, avec lequel il a longtemps été en froid.
Faut-il y voir une simple coïncidence, celle d’envies artistiques similaires, ou y a-t-il d’autres raisons plus pragmatiques et davantage liées au déroulement de leurs carrières respectives ? Toujours est-il que trois mois à peine après les Ivoiriens de Magic System qui ont mis à leur sauce les succès de la musique africaine, c’est au tour de leur compatriote Tiken Jah Fakoly, autre poids lourd de la scène francophone, de passer par la case des reprises avec l’album Racines.

Le titre, habilement, résume les différents volets de sa démarche : emprunter au reggae roots ("racines", en anglais) de Kingston quelques-uns de ses standards qui l’ont influencé dans sa jeunesse, tout en rappelant les liens entre la Jamaïque et l’Afrique, la terre mère.
Sur le fond, d’abord : African, de Peter Tosh, Slavery Days de Burning Spear ou Zimbabwe de Bob Marley semblent taillés sur mesure pour le militant africain. Sur la forme, ensuite : si la matière première a été enregistrée dans les fameux studios Tuff Gong à Kingston avec les increvables Sly & Robbie (musiciens-référents locaux pour d’innombrables productions reggae non jamaïcaines, comme par exemple celle de Serge Gainsbourg), un traitement très particulier a été apporté dans un second temps à Bamako, où Tiken a ses habitudes. Au point que ces onze chansons pourraient constituer le chapitre 2 d’African Revolution, album sorti par le reggaeman ivoirien en 2010 et qui avait dérouté une partie de son public par le rôle qu’y tenaient les instruments traditionnels.
 
Ngoni, balafon, tama et autres percussions sont à nouveau de la partie, et pas pour faire de la figuration ! Le violon sokou de Zoumana Terata a trouvé une place de choix inattendue sur Hills & Valleys de Buju Banton, tout comme la kora de Sidiki Diabaté sur Fade Away de Junior Byles. A une époque où le reggae jamaïcain ne se porte pas particulièrement bien et ses ambassadeurs historiques se retirent du circuit, la démarche de Tiken permettra à certaines des chansons reprises dans Racines d’être découvertes par de nouvelles générations.

 

 

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