Hommage a Danièle Delorme 1926-2015

Publié le par Noxdeguerne

Elle est décédée samedi dans son sommeil mais sa disparition n’a été annoncée publiquement que ce lundi. Danièle Delorme avait 89 ans. L’actrice laissera dans la mémoire collective des Français ses rôles dans Colette, Voici le temps des assassins ou Nous irons tous au paradis. Mais certains aspects de sa vie et de sa carrière demeurent méconnus du grand public.


Danièle Delorme est un pseudonyme 
Pour l’état civil, elle est Gabrielle Girard, née le 9 octobre 1926. Elle a opté pour le pseudonyme Danièle Delorme – Danièle est son deuxième prénom – afin de fuir la Gestapo, indique Première. Durant la Seconde Guerre mondiale, son père, le peintre et affichiste André Girard, avait créé un réseau de résistance, le réseau CARTE, l’un des plus importants de la zone sud de la France. Plus tard, elle a créé à Paris la galerie « An. Girard » afin de présenter, entre autres, les œuvres de son père.
Elle est la grand-mère d’Hugo Gélin
Elle a épousé, en 1945, l’acteur Daniel Gélin. Ensemble, en 1946, ils ont eu un fils, Xavier. Celui-ci est devenu acteur, réalisateur et producteur, mais a succombé à un cancer en 1999. Xavier Gélin est le père d’Hugo Gélin qui a, entre autres, réalisé en 2012 un premier film remarqué, Comme des frères, avec Pierre Niney, Nicolas Duvauchelle et François Xavier-Demaison.


Elle a coproduit « Le Grand blond avec une chaussure noire »
Deux ans après avoir divorcé d’avec Daniel Gélin, Danièle Delorme s’est remariée, en 1956, avec le réalisateur Yves Robert. Tous deux ont créé une maison de production baptisée La Guéville, du nom de la rivière qui prend sa source dans le parc du château de Rambouillet. Entre 1962 et 2005, La Guéville a participé à la production de plus de cinquante films, dont La Guerre des boutons (1962) – ainsi que les autres films d’Yves Robert tels que Le Grand blond avec une chaussure noire (1972) -, Alexandre le bienheureux (1967), Le Peuple migrateur (2001) ou Se souvenir des belles choses (2002)…


Elle a été remplacée par Charlotte de Turckheim
Entre 1994 et 1999, les téléspectateurs ont pu voir Danièle Delorme dans le rôle-titre de la série Madame Le Proviseur. Elle y incarnait Valentine Rougon, une chef d’établissement sévère mais juste, en empathie avec les lycéens d’Eugène-Belgrand. En 1999, le personnage a pris sa retraite et laissé la place à Alice Vandeleur, campée par Charlotte de Turckheim. Pour l’occasion, la série a changé de titre, devenant Madame LA proviseur.


Elle a été une femme engagée
Danièle Delorme a signé le Manifeste des 121. Ce texte, paru en septembre 1960 dans le magazine Vérité-Liberté, est titré Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie. Les signataires, des artistes aussi bien que des intellectuels, prenaient position contre la guerre d’Algérie et pour son indépendance. « La cause du peuple algérien, qui contribue de façon décisive à ruiner le système colonial, est la cause de tous les hommes libres », stipule le manifeste. Par ailleurs, Danièle Delorme était membre du comité d’honneur de l’ADMD, l’Association pour le droit à mourir dans la dignité.

 

 

 

Extrait de "Voici le temps des assassins"

Extrait de "Miquette et sa mère"

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