Le jour d'après

Publié le par Noxdeguerne

 

En ce début d'année on aurait eu envie de faire rire, ou de faire sourire déja, et pourtant tout d'un coup c'est plus dur. Quelque chose s'est cassé. Ca reviendra bien entendu, mais la douleur du poing que l'on a pris dans la tronche alors que bêtement on se croyait à l'abri mettra un peu de temps à s'estomper. Une ENVIE d'essayer de comprendre, un peu au moins, comment on peut en arriver là, comment on peut faire ça...une ENVIE de laisser monter la colère, doucement, quelques minutes. Et comprendre dans la foulée les ravages qu'elle peut faire une ENVIE de savoir ce que je ferai moi si je savais dessiner, une ENVIE d'ajouter "apprendre à dessiner" à mes résolutions que je ne tiendrai sans doute pas, une ENVIE de revoir des images de Cabu dans Récré A2 pour me souvenir qu'il a toujours été là, une ENVIE d'être assez intelligent pour pouvoir expliquer calmement à celui qui ne comprend pas ce que c'est un "amalgame", une ENVIE d'appeler des amis musulmans, même pour parler d'autre chose, une ENVIE de croire que demain et après demain on dira encore "je suis Charlie", coude à coude, une ENVIE d'espérer que demain ne sera pas pire, une ENVIE d'espérer qu'on n'aura plus jamais à expliquer ce genre de choses à son gamin avant qu'il aille au lit, une ENVIE d'avoir un peu du courage de Cabu, Charb, Wolinski, Tignous et les autres quand on publiera quelque chose et quand on prendra la parole 

Une ENVIE de se méfier de ces grands élans de compassion lors des grandes tragédies. Aptes à canaliser la tristesse et l'émotion générale, Qui risquent de masquer l'essentiel. Car ce n'est pas à «la liberté d'expression», que se sont attaqués les assassins mais à la liberté de blasphémer l'islam, de critiquer et caricaturer le prophète.

En attaquant ce journal, ils ont dit aux journalistes du monde entier que toute critique de l'islam peut entraîner une condamnation à mort. Que l'islam est un bloc sacré qui ne doit jamais être remis en question.

Si «nous sommes Charlie», tous les journaux du monde devraient s'empresser de reproduire les dessins qui ont condamné à mort les journalistes de Charlie Hebdo. Le feront-ils? Probablement pas.

Pourtant, si nous acceptons l'idée qu'une religion, et une seule, a le droit de ne pas être caricaturée ou offensée, nous aboutirons à cette «tyrannie du silence». Ce sont les soi-disant offensés qui décideront in fine de ce qui se publie ou pas. 

Les ennuis de Charlie hebdo avec les islamistes radicaux remontent à la reproduction dans l'hebdomadaire des caricatures du journal danois. A l'époque certains qui «sont Charlie» ont jugé cette attitude «provocante» et «inutile». 

On va tout perdre à force de n'avoir le courage de rien. Beaucoup ont conclu un peu vite que «l'islam est soluble dans la démocratie».

Désormais, nous savons que le pire est concevable. Et si «nous sommes en guerre», il faudrait peut-être songer à dire contre qui et non se contenter, de termes vagues censés nous faire comprendre qui est l'adversaire («l'obscurantisme», «le fondamentalisme»…) sans offenser «la grande religion de paix et de bénédiction» au nom de laquelle un attentat terroriste est commis tous les jours dans le monde. 

C'est une guerre, une vraie guerre, menée non par des soldats mais par des assassins de l'ombre, des tueurs organisés, dont la sauvagerie glace le sang.

Cette guerre, longtemps nous n'avons pas voulu la voir. Elle se déroulait si loin de nous, n'est-ce pas?, aux confins de la Syrie, de l'Irak, du Nigeria ou de la Libye…

Depuis des années, nous avons manifesté à l'égard de l'islam radical une complaisance coupable. Les signes avant-coureurs - ces «gestes fous» commis à Noël encore par des «déséquilibrés» - aussitôt minimisés. Depuis mercredi, les euphémismes ne sont plus de mise: c'est une guerre, une vraie guerre, qui nous a été déclarée: la guerre du fanatisme islamiste contre l'Occident, l'Europe et les valeurs de la démocratie.

À chaque fois qu'un événement annonciateur a eu lieu, on a essayé de le ramener à une cause rassurante. Un Français égorgé en Algérie? Il fallait y voir un résidu de la guerre civile. Des agressions gratuites au cri d'Allah akbar? Il s'agissait de «loups solitaires» ou de déséquilibrés. Aujourd'hui tout cela peut apparaître comme une stratégie de la tension savamment menée. Cette matinée tragique va sans doute devenir l'acte fondateur d'un nouveau terrorisme qui veut faire plier les genoux l'Europe devant le drapeau vert de l'islam et le drapeau noir du Califat. Tous les Français et particulièrement les journaux peuvent se sentir aujourd'hui sous la menace.

Ne nous y trompons pas. Si la France est aujourd'hui dans la ligne de mire des fous d'Allah, d'autres pays libres le furent hier, et d'autres le seront encore demain. Au fond, ce n'est pas telle ou telle nation qui est visée, mais un mode de vie, des valeurs, une civilisation - la nôtre -

En assassinant des journalistes et des policiers - qu'il ne faudrait pas oublier -, les terroristes n'ont pas frappé au hasard. Ils ont visé au cœur la liberté de pensée et ceux qui la protègent, et à travers eux la Démocratie et la République, qui sont les deux piliers de notre nation.

Nous sommes entrés dans une ère nouvelle où le message de la foi s'est compromis avec l'activisme politique et utilise les méthodes qui furent celles du communisme et du fascisme. Il faut avoir tout ça en tête et ne pas toujours ramener le pathos antiraciste qui n'est plus du tout pertinent dans une situation comme celle d'aujourd'hui. Les auteurs de ces actes sont des islamo-fascistes. Ne nous trompons pas d'ennemi. Ces groupes, ces assassins, veulent la peau de nos pays, de ses institutions, de sa liberté et de sa tolérance qu'apparemment ils ne prennent que pour de la faiblesse.

Cette tragédie doit nous ouvrir les yeux. 

Face à la guerre, le premier devoir est de s'unir. Quelles que soient nos origines, nos opinions, nos religions ou nos options politiques. Rien ne serait pire, dans l'épreuve que traverse notre pays, que de faire cadeau à l'adversaire de querelles de bas étage ou de divisions politiciennes.

Car passé le stade de l'émotion, on va évidemment voir refleurir les divisions dans l'analyse ainsi que sur les mesures à prendre. On va voir -on voit déjà- ceux qui appelleront à «ne pas provoquer» (avec des phrases ou des dessins) car «ce serait mettre de l'huile sur le feu». On voit déjà ceux qui «condamneront le terrorisme» mais dans le même communiqué appelleront à «lutter contre l'islamophobie», un concept qui s'est, hélas, imposé dans les médias, mais qui n'est autre que la liberté de critiquer l'islam en tant que religion (l'islam n'est pas une personne). On voit déjà «dénoncé le risque d'amalgame», une ritournelle chaque fois qu'un incident grave est provoqué par l'islam radical. Certains sujets seraient donc tabous?  N'est-il pas temps de reparler d'intégration voire d'assimilation autrement qu'en se balançant des insultes? 

Certains qui «sont Charlie» voudraient limiter la parole et l'audience de gens comme Eric Zemmour, un autre «provocateur», lui aussi menacé, qui «ne mérite pas d'être lu» selon le Premier Ministre Valls. parcequ'il prophétise des guerres civiles en Europe: des propos inacceptables pour certains.

Ironie du sort, cette semaine, à Bruxelles, un commissariat de police était attaqué au cocktail Molotov par une cinquantaine de «jeunes», selon la terminologie consacrée. En Allemagne, à Dresde, PEGIDA mobilise 18 000 personnes contre l'islamisation de l'Europe; en Suède quatre mosquées sont visées par des incendies… pas besoin de vous ennoncer les evennements de ces derniers jours en France

Ce n'est pas encore la guerre civile mais cela commence à ressembler à des sociétés profondément divisées, en désaccord sur des valeurs fondamentales. Les mêmes qui «sont Charlie» refusent souvent de débattre de ces sujets autrement qu'en disqualifiant ceux qui les abordent en les traitant de racistes ou de fascistes.

Mais c'est aussi ca d'honorer la mémoire des journalistes de Charlie Hebdo

 

il faut également maintenant espérer que tous les Français de confession musulmane vont se mobiliser contre cette abomination qui se réclame du Coran. Si l'immense majorité des musulmans sont horrifiés, on ne peut réduire l'islam radical à une poignée d'égarés, d'illuminés ou de «déséquilibrés».Dans le cas inverse, leur silence nourrira, inévitablement, l'amalgame entre islam et fanatisme.

 

Mais le second devoir est de s'armer. Moralement, d'abord - comment défendre nos valeurs si nous n'en sommes pas convaincus. Politiquement et juridiquement, ensuite: trop longtemps, au nom d'un humanisme ou d'un antiracisme, nous avons fait preuve de complaisance envers nos pires ennemis. Ces «enfants perdus du djihad», ces fanatiques qui se déchaînent sur Internet, mais aussi ces groupes qui conspirent à ciel ouvert contre notre pays et sa sécurité.

A l'heure actuelle, alors que nous aurions besoin, pour la justice au sens large, d'un bras vigoureux, cohérent, nous disposons tout au plus d'une béquille. Nous résistons avec des mots et ils ont des armes et la certitude de leur impunité!  Contre ceux-là, nous devons frapper. Sans faiblesse.

Et Dieu dans tous ca ?

Il a dit : "Tu ne tueras point." Elle est pourtant facile à comprendre, celle-ci.

Pourtant il nous a fait a son image. Mais apparement lui il est nul en dessin

Alors si on est la plus belle chose qu'il est créée dans tout l’univers. Ça et l’ironie.

Le jour ou viendras la fin du monde, j'éspère qu'il auras fait une sauvegarde.

 

Publié dans Sur la toile

Commenter cet article